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samedi 15 avril 2017

Communiqué de la FERC CGT : Turquie : solidaires contre l’arbitraire

Réunis en congrès le 8 décembre 2016, les délégués de la FERC-CGT avaient déclaré leur inquiétude devant les évènements qui se déroulaient en Turquie, particulièrement depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016. Nous y avions affirmé notre solidarité avec nos collègues persécutés.

Nos inquiétudes se sont confirmées ces derniers mois et le tournant liberticide pris par le régime du Président Erdogan au vu et au su du monde est plus que préoccupant.

Depuis juillet dernier le pouvoir présidentiel dirige par des décrets-lois sous un régime d’état d’urgence.

Selon le syndicat Egitim-Sen (Enseignement), 105 000 fonctionnaires publics, dont 37 000 travailleurs/euses du secteur de l’éducation, ont été limogés ou licenciés. Selon l’Association des journalistes CGD, 154 journalistes sont toujours en prison. 190 médias ont été fermés, 2500 journalistes se sont retrouvées du jour au lendemain au chômage. Rien qu’en février et mars de cette année, plus de 12 000 personnes ont été placées en garde à vue, dont plus de 600 détenus. Les élus et les dirigeants du deuxième parti de l’opposition, HDP, sont harcelés quotidiennement, arrêtés, mis en examen. 11 de leurs députés sont emprisonnés arbitrairement. La répression touche encore plus violemment les populations kurdes à l’est.

C’est dans ces conditions que les électeurs en Turquie sont appelés à un référendum-plébiscite le 16 avril prochain.

Ils devront dire « oui » ou « non » en bloc à dix-huit articles constitutionnels rédigés sans débat public. Si le « oui » l’emporte, le régime parlementaire en vigueur depuis 7O ans serait remplacé par un régime présidentiel sans séparation des pouvoirs.

Le chef de l’Etat, qui pourrait rester chef de parti, serait maître absolu du pouvoir exécutif. Il pourrait gouverner par décrets, instaurer l’état d’urgence, dérogeant aux droits et libertés de l’Homme. Il aurait le contrôle sur la Cour constitutionnelle et l’appareil judiciaire, nommerait ses ministres, les hauts-fonctionnaires, les recteurs d’université, déciderait de l’utilisation des armées.

Si le « oui » l’emporte ce serait une brèche conduisant à la fin de la République.

Les partisans du « non » sont traités de terroristes par les grands médias récupérés par le pouvoir. La population est maintenue dans une totale désinformation sur les enjeux de ce scrutin.

Nos organisations syndicales amies de Turquie luttent pour le « non », pour la sauvegarde des droits fondamentaux, des libertés syndicales, pour la libération de leurs militants incarcérés, la réintégration de leurs milliers d’adhérents licenciés sans ressources et interdits de travailler depuis juillet 2016.

Nous les soutenons de toutes nos forces.

Montreuil, le 14 avril 2017