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jeudi 16 mars 2017

CTA du 16 mars : la déclaration de la CGT

Madame la Rectrice, Mesdames et Messieurs,
Au début de l’année scolaire nous vous avions alerté à l’occasion du premier CTA sur le climat scolaire dans les établissements de notre académie. Les incidents et les actes de violence étaient en nombre et en intensité nettement supérieure à ce que l’on connaissait pour une rentrée scolaire. Une des grandes raisons était à chercher du côté du manque de moyens qui frappe l’éducation nationale et notre académie tout particulièrement au vu de la situation sociale dégradée que nous connaissons. Le ministère et le rectorat ont fait le choix de ne pas répondre aux revendications des personnels en termes de moyens, ce fut le cas pour le lycée Suger en grève pendant deux semaines suite à des incidents dont l’agression violente d’un assistant d’éducation.
Depuis quelques semaines la situation est devenue inacceptable. Les graves violences qu’ont connues différents lycées de notre académie et particulièrement en Seine-Saint-Denis ne sont pas tolérables. Cette situation doit interpeller et interroger toute la société et l’éducation nationale en particulier. Les réponses ne peuvent se situer exclusivement sur le terrain de la répression et de la sécurité comme le laissent présager les premières réactions : interpeller à l’aveuglette plus d’une cinquantaine de lycéens n’est pas une réponse adaptée car elle renforce le sentiment d’injustice. Face au défi qui est devant nous, la proposition de Mme Pécresse d’équiper les lycées d’encore plus de vidéosurveillance ressemble à du bricolage politicien qui fait fi des vrais problématiques.
Quand des jeunes attaquent des établissements scolaires, il faut le condamner, mais nous devons surtout nous demander comment une société arrive à une telle rupture avec sa jeunesse. La réponse est bien entendu complexe à formuler, mais une partie se trouve dans l’augmentation de la concurrence et des inégalités sociales, ainsi que dans le développement d’un racisme décomplexé. La relation entre la police et la jeunesse est symptomatique de ce cancer qui ronge notre société. Il est urgent comme le propose la CGT d’aller vers plus de justice sociale et de solidarité. Le 19 mars, la CGT marchera avec les familles de victimes de violence policière pour la justice et la dignitè.
Pour la CGT Educ’action, l’éducation nationale doit avoir les moyens d’amener tous les jeunes à la réussite et à l’émancipation. Cette année encore les créations de postes que connait notre académie ne permettent pas de porter cette ambition. Elles ne suffisent même pas à compenser la hausse démographique des élèves. Nous l’avions vu au CTA du mois de janvier, le taux d’encadrement en lycée général et technologique a encore baissé. Plus globalement on peut résumer l’action du gouvernement actuel par un taux d’encadrement en lycée inférieur à celui laissé par le gouvernement Sarkozy après les 80 000 suppressions de postes. Le résultat, c’est évidemment l’augmentation des effectifs par classe, et l’incapacité de conduire tous les élèves à la réussite, en particulier les élèves de milieux populaires.
Une partie des moyens supplémentaires nécessaires est pourtant bien fléchée. Le rectorat de Créteil n’applique pas les horaires réglementaires en baccalauréat professionnel privant en particulier les sections tertiaires de 4000 heures, soit 222 postes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : chaque classe de Gestion Administration est dotée de 40 heures au lieu des 45 attendues ; chaque classe de Vente, de Commerce ou d’Arcu de 39,5 au lieu des 45 indiquées par le référentiel. Ce sont, pour chacune de ces classes, autant d’heures en demi-groupes, ou en accompagnement qui sont refusées. Les sections industrielles sont, quant à elles lésées d’une ou deux heures par classe.
Suite à la mobilisation pour maintenir les lycées en éducation prioritaire, le ministère avait annoncé l’octroi de 450 postes pour les lycées les plus fragiles : 50 pour l’académie. Répartis sur près de 80 lycées, c’est une dotation moyenne de 6 heures par établissement… Malgré les promesses, au bout du compte, ce sont seulement l’équivalent de 38 postes qui ont été distribués. Que sont devenus les 12 postes manquants ?
Notre académie doit se donner les moyens d’une création de postes à la hauteur des besoins. Malgré la baisse annoncée lors du groupe de travail des HSA, le taux des heures supplémentaires reste bien trop élevé dans les lycées. Ces heures supplémentaires, c’est autant d’agents présents en moins auprès des élèves.
La CGT Educ’Action Créteil réaffirme sa volonté de construire dans l’unité le rapport de force et les mobilisations pour gagner les moyens pour une école émancipatrice pour toutes et tous.