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mercredi 7 décembre 2016

Motion du CA du CLG Lenain de Tillemont de Montreuil sur le PPCR enseignant

Le gouvernement a communiqué aux organisations syndicales la version finale du projet de réforme de l’évaluation des enseignant(e)s. Un projet de décret a été soumis, des arrêtés suivront, il compte désormais les présenter en comité technique ministériel (CTM) début décembre.
Nous constatons : 1. Que le projet remplacerait le système de notation (encadré et contrôlé) par une grille de 11 compétences issues du référentiel des « compétences professionnelles » de 2013 (« agir en éducateur responsable et selon des principes éthiques », « contribuer à l’action de la communauté éducative et coopérer avec les parents d’élèves et les partenaires de l’école/établissement », « accompagner les élèves dans leur parcours de formation » ..). 2. Qu’il serait « fortement recommandé » de remplir un document d’auto-évaluation, dans lequel chaque enseignant devra indiquer son degré d’engagement dans son établissement ou école, en référence aux compétences (dont une seule a directement trait à l’enseignement disciplinaire). 3. Que chaque enseignant(e) serait soumis(e) « à un accompagnement continu dans son parcours professionnel », consécutivement à une « demande des personnels ou de l’institution » 4. Que les pouvoirs des chefs d’établissements seraient sérieusement renforcés : outre les entretiens durant les rendez-vous de carrière, ils auraient la main sur « l’accompagnement » et toute latitude pour imposer un « dialogue régulier » avec les enseignant(e)s. La réactivation du statut de directeur serait inévitable.
Sur les points 1 et 2, le ministère semble vouloir tenir compte des remarques des organisations syndicales, mais à ce jour rien n’est encore décidé en ce sens.
Nous tenons à souligner :
Le caractère modéré de la « revalorisation » annoncée, son étalement dans le temps (d’ici 2020 !) et l’absence de garanties réelles sur les conditions d’accès de tous à la hors-classe. Que la classe exceptionnelle est un grade à accès fonctionnel (GRAF), une mesure dénoncée depuis 2010 par tous les syndicats de la fonction publique en tant qu’instrument de division des personnels, liée à l’exercice de « fonctions » particulières et non au statut.
Nous affirmons que ce projet consiste à aller vers une évaluation fondée non plus sur l’enseignement, mais sur diverses « missions » que le gouvernement entend imposer. Contre le cadre national, il vise à imposer des règles édictées par les pouvoirs locaux, face auxquels les personnels devront rendre des comptes en permanence.
Dans la pratique, les personnels seraient contraints d’acquérir les compétences du référentiel, de les mettre à jour via des « formations » (dans la logique de celles à la réforme du collège). "L’accompagnement" devient ainsi le maître mot pour imposer la pédagogie officielle incluse dans le socle, les parcours, l’évaluation des élèves (LSUN), en clair la mise en œuvre de la "réforme" contre laquelle les personnels se sont mobilisés.
Ce projet traduit la volonté ministérielle de mettre les personnels sous tutelle, de remettre en cause leur liberté pédagogique, afin d’empêcher toute résistance à la mise en œuvre de la réforme du collège et plus généralement de la « refondation ». Au-delà, il vise à remplacer les garanties collectives du statut par une logique d’individualisation.
Ce projet constitue une menace contre notre statut, il consacrerait le passage d’un droit à la formation à une obligation de se « former » suivant les objectifs définis par la hiérarchie.
Face à un projet qui reprend les principaux axes du projet Châtel, nous demandons le retrait pur et simple du projet de réforme de l’évaluation des enseignants.

CA du 1er décembre 2016, Collège Lenain de Tillemont (Montreuil), Motion des enseignant(e)s et de leurs organisations syndicales (CGT, FO et SNES) :
Retrait du projet de réforme de l’évaluation des enseignant(e)s.