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dimanche 9 septembre 2012

Livret personnel de compétences : la pédagogie prétexte aux économies et au fichage

Définie par le socle commun, l’évaluation par compétences s’applique par le biais du Livret Personnel de Compétences (LPC) depuis 2010 dans les collèges et 2011 dans le premier degré. La CGT Educ’action s’est toujours opposée à ce livret. Dans sa lettre aux enseignants du 26 juin, Vincent Peillon affirme que « (le LPC) connaîtra des simplifications indispensables et des évolutions ». Mais c’est l’existence même de ce livret qui pose problème, et non sa seule complexité.

Qu’est-ce qu’une compétence ?
- Selon la loi d’orientation de l’Education nationale de 2005, il s’agit « d’un savoir, d’un savoir-faire ainsi que de la disposition d’esprit nécessaire à sa mise en œuvre ». La subjectivité est alors inévitable, sans évoquer la forme de l’évaluation : binaire (acquis ou non-acquis) et figée (une compétence est acquise définitivement), la justesse du LPC paraît discutable. Quant à sa justice, il suffit de lire les items que les enseignants doivent valider (comme « être sensible aux enjeux esthétiques et humains d’une œuvre artistique") pour en mesurer l’aspect discriminant. De plus, le socle commun représente à la fois un minimum et un tout suffisant, ce qui ne manquera pas d’accroître les inégalités entre les établissements s’en contentant et d’autres allant plus loin...et de fragiliser d’avantage les populations les plus précaires. Pire, certaines compétences visent à évaluer des comportements et la civilité des élèves.

Quel est alors l’intérêt du LPC ?
Évaluation binaire et informatisée, il permet un traitement facile et rapide pour évaluer... les politiques d’enseignement. Inspirées du traité de Lisbonne en 2000, et de la Révision Générale de Politiques Publiques, ces évaluations sont indispensables pour justifier les économies faîtes sur le service public. Le plus inquiétant reste le traitement informatisé de données personnelles pouvant être connectées en toute légalité avec d’autres fichiers (base élève, affelnet, sconet...). Le Livret de Compétences expérimental devant être présenté à l’Assemblée nationale en septembre comprend des compétences acquises dans le milieu familial (comme les langues natives), social (le bénévolat associatif ) et en entreprise (par exemple les stages) et peut être renseigné par les missions locales, les associations de quartier, les partenaires de la relation école/entreprise. Le LPC constitue un instrument visant à construire des comportements utilisables économiquement ainsi qu’un outil de fichage des élèves. Discriminant, il se situe aux antipodes d’une école donnant à chacun les moyens de son émancipation et de son épanouissement.

La Cgt Éduc’action revendique :
- la redéfinition des missions de l’école publique, permettant à chacun(e)
- d’accéder à une culture la plus étendue et la plus émancipatrice possible
- l’abandon définitif de toutes références au socle commun et de ses corollaires